Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Published on December 8 2014

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Qui n'a jamais rêvé d'une échappatoire sauvage, d'un cocon en terre isolée, d'un changement de décor radical. Nous subissons au quotidien un nombre incalculable de stimulations cognitives, sociales; de contraintes et de responsabilités dont nous croulons parfois sous le poids, auquel s'ajoute la rudesse d'un hiver long et glacial. Bien que vivre en ville s'avère être le meilleur moyen de rester au coeur de l'action et de diminuer son temps de trajet pour se rendre au travail, à la fin de la journée, notre envie d'ailleurs persiste malgré l'épaisse couche de glace qui s'installe sous nos pieds et dans nos coeurs.

Certaines personnes, après une vie active bien remplie sont prêtes à sauter le pas, et changer de repères, pour de bon. Ils ont travaillé fort, et maintenant c'est le temps de la récompense. Le vrai luxe du temps qui passe, la douceur de vivre à un rythme différent, un rythme que l'on choisit au lieu de subir.

Je vous propose de nous suivre dans le havre de paix d'un chalet de Sainte-Christine d'Auvergne, qui abrite bien plus qu'un feu de foyer et quelques rondins.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Moins de trois heures nous séparent de Montréal, et déjà on ressent l'apaisement de la campagne québecoise. Peu de vallons et collines viennent croiser notre regard, mais on peut contempler à loisir les étendues infiniment immaculées à l'horizon.

Nous pénétrons au sein d'un petit hameaux de chalets en bois rond, chacun habilement dissimulés au détour de touffes de sapins garnis de neige et de petits lacs glacés. Nous avons la chance d'être accueillis pour la fin de semaine au sein de ce petit coin de paradis, de quiétude, et de blanc.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Le petit chalet qui nous abritera pour ces deux jours est constitué, de la façade jusqu'au salon, de larges rondins de bois couleur caramel. Ce bois vibrant, qui craque et vit au rythme des saisons crée immédiatement une atmosphère chaleureuse et apaisante, un cocon de sérenité dans ce pays hostile de glace et de températures négatives. Pour ne rien gâcher, siège un joyeux feu crépitant dans l'âtre de la cheminée en pierre du salon.

Par les larges baies vitrées, nos yeux ouverts sur le monde extérieur se délectent de la contemplation du camaïeu de blanc qui recouvre chaque feuille, chaque pierre, jusqu'à faire oublier la présence d'un petit étang disparu qui renaîtra aux premières heures du dégel.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Les heures sont douces au sein de cet abri. Le sommeil paisible dans une adorable chambre mansardée laisse place au reveil délicat par les premiers rayons du soleil qui viennent caresser nos paupières engourdies par les reliques de nos rêves. Nos têtes confortablement lovées sur les oreillers n'ont qu'à légèrement s'incliner pour profiter de la majestuosité du paysage. Aucun bruit de traffic, aucune vision d'industrialisation à perte de vue : des vacances pour nos cerveaux encombrés de stimulations inutiles.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Nous faisons le tour du propriétaire, en prenant soin de ne pas tester l'épaisseur de la glace de l'étang, bien trop fragile à cette époque de l'année, ce qui nous permet de découvrir d'autres perspectives de la coquette demeure dorée ourlée d'écarlate. Une petite terasse à l'avant propose deux chaises longues, plein sud, pour profiter d'une petite séance improvisée de luminothérapie, si précieuse à cette période de l'année où l'été ne semble qu'un lointain souvenir.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Nos hôtes partagent leur temps avec le sud de la France, au rythme des belles occasions de rassemblement de leur tribu. Profitant d'un creux entre leur vie (bien) active et leurs futures perspectives de rapprochement familial, ils vivent paisiblement dans le calme de ce chalet qu'ils ont fait construire il y a quelques années.

Ici, le temps s'écoule en "regardant pousser les arbres", et les toutes lubies de créativité y trouvent libre expression. Chaque matin s'accompagne de la découverte de nouvelles traces fraîches d'animaux dans la neige, attirés par les mangeoires artisanales disposées autour du domaine à cet effet.

Les jours plus gris, où la neige qui tombe ne forme qu'un uniforme rideau blanc qui se déroule à l'infini, sont propices au délice de rester au chaud près du feu, lire et relire des livres que l'on a toujours voulu découvrir, s'embaumer de vapeurs culinaires exquises en provenance du four ronronnant, fermer les yeux et n'entendre rien que les délicats flocons qui se déposent sur la surface mousseuse de neige fraiche.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Lorsque la Nature est plus clémente, on a envie de mettre le nez dehors pour se dégourdir les jambes dans la neige, sachant qu'un bon feu de cheminée viendra ensuite nous réchauffer. Le hameaux dans lequel nous sommes offre de nombreuses options pour les marcheurs en désir de nature, et nous n'avons qu'une hâte, de revenir en plein hiver pour arpenter, chaussés de raquette, la rivière Sainte-Anne dont la glace sera alors assez solide pour supporter notre poids.

Nous profitons aussi des des alentours en compagnies d'autres chanceux propriétaires d'un chalet voisin, qui ont la garde d'un magnifique chien de traineau.

Dans ce paysage sauvage uni de blanc, cet animal massif et joueur a parfaitement trouvé sa place, et supporte mal la chaleur étouffante des demeures avec son imposante masse de poils polaires. Nous le suivrons à la découverte des environs jusqu'à la tombée de la nuit.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres
Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

C'est avec le coeur gros qu'il nous faut regagner Montréal, et remonter dans le manège infernal de la vie urbaine, des responsabilités professionelles, et d'une saison de slush où le traffic et le sel viennent corrompre la simplicité d'un hiver qui n'est plus vraiment blanc.

Pour encore trois ou quatres mois devant nous, l'hiver va pénétrer chaque jour un peu plus dans nos corps fébriles, jusqu'à la délivrance d'un nouvel été et de son lot de perspectives réchauffantes et réjouissantes.

Heureusement, nous savons maintenant où aller pour se ressourcer.

Une "cabane au Canada", ou la douceur de vivre en regardant pousser les arbres

Un énorme merci à nos hôtes qui nous ont accueilli comme des rois sous leur toit et à leur (délicieuse) table. Nous reviendrons à nouveau, avec grand plaisir, pour regarder les arbres pousser...

Written by KLR

Published on #Trip QC

Repost 0
Comment on this post

Michel 12/09/2014 18:43

Magnifique! tes mots et le sens descriptif de ce weekend nous laissent dans un plaisante mouvement perpétuel...impermanent, comme si on était dans une nuage.