Chroniques indiennes : le choc de New Delhi

Published on November 9 2014

Allez hop, j'ouvre mon carnet de voyage, et je replonge dans l'aventure !

Allez hop, j'ouvre mon carnet de voyage, et je replonge dans l'aventure !

Il y a des voyages que l'on n'oublie pas, et dont les souvenirs restent indefiniment accrochés à la mémoire.

Voila maintenant 4 ans, je réalisais un rêve de gamine en posant le pied en Inde pour la première fois.

En plus du fort boulversement culturel, ressenti dès les premières minutes en sortant de l'aéroport de New Delhi, cette aventure vécue en partie aux cotés de mon père, courageusement embarqué dans ma lubie, aboutira à trois semaines de bénévolat dans l'Himalaya - qui feront l'objet d'un article spécifique.

Je décide aujourd'hui de revenir sur cette expérience magique pour vous faire partager les saveurs & contrastes de ce pays-continent dont je n'ai eu la chance de visiter que le nord.

Mon voyage commence à New Delhi, et se poursuivra en direction de Jaipur, puis Agra (la ville acceuillant le Taj Mahal), cet itinéraire formant le populaire Golden Triangle. Je vous emmènerai plus tard à Dharamsala, sur les traces du Dalai Lama.

Chroniques indiennes : le choc de New Delhi
Chroniques indiennes : le choc de New Delhi

New Delhi, jour 1

Dès notre premier pas hors de l'aéroport, le choc est palpable. Tout d'abord, l'humidité s'abat sur nous comme une épaisse chappe de plomb et nous innonde. Ensuite, suivra le lourd cortège des bruits, des odeurs, de la poussière. Et des regards qui ne s'oublient pas.

Faute de parvenir à communiquer avec les locaux pour trouver un bus malgré notre tentative de baragouinage en anglais, nous sautons dans un taxi en direction du centre-ville de la capitale indienne, qui avec ses 16,3 millions d'habitants se place en 2e agglomération après Mumbai.

Nous parcourons un long périphérique encombré d'un assourdissant mélange de véhicules délabrés, de scooters supeuplés, de rickshaws rouillés...et de pélerins, nus-pieds, qui arpentent tranquillement mais surement les abords routiers drapés d'orange.

Nous devinons rapidement les spécificités du code de la route indien, imposant la règle d'or qui suit : "tant que je klaxonne, ça passe nickel".

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Hanuman

Soudain, anachronisme visuel dans le quartier de Karol Bagh, une vision orange vif irréelle dans ce capharnaum urbain, se dresse devant nous l'imposante et kitchissime statue d'Hanuman, qui dans la mythologie Hindou est le commandant de l'armée des singes, et un modèle de dévotion. Il est presque inutile de préciser que du haut de ses 33 mètres, ce singulier (et presque effrayant) monument constitue la plus haute statue d'Hanuman au monde.

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Pélerinage

Les pélerins hindous en bordure de route se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure que nous pénétrons dans le coeur de la ville. Tous sont vétus d'orange, et leurs pieds nus endurcis par des longues semaines de marche sur le bitume poussiéreux les portent inlassablement sur le (long) chemin de  la devotion (300km). Ils portent sur leur épaule un autel miniature bricolé avec quelques tiges de bambou, orné de fleurs en guise d'offrande, pour célébrer la période de la mousson.

A chaque dizaine de kilomètres, nous croisons les "relais" de cet incroyablement long pélerinage, ou les courageux marcheurs peuvent déposer leur attirail et récupérer un peu à l'ombre d'une tente, où il est gracieusement servi de quoi s'hydrater et se nourir.

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Après avoir posé nos backpacks dans un petit hotel qui (bonheur!) est climatisé, nous mettons de coté les 24h dernières heures de transit et de jetlag pour s'attaquer enfin à la découverte de la ville à pied, se refusant à accepter les multitudes de propositions des rickshaws autour de nous. Nous marchons donc, au bord des routes cabossées, sur l'absence de troittoir, dans la chaleur, la moiteur, le bruit incessant des klaxons et la poussière omniprésente.

De nombreux indiens nous hèlent, nous acostent, très joviaux, avec toujours l'idée derrière la tête de nous entrainer dans le soit-disant "office du tourisme gouvernemental" qui n'est autre qu'une petite arrière-boutique kitch tenue par leur meilleur pote, ou de nous faire monter dans leur super-good price-taxi (en dodelinant de la tête, évidemment).

Si nous avons le malheur d'entretenir quelques secondes de conversation avec l'un d'entre eux, nous voila poursuivis sur plusieurs dizaines de mètres malgrés nos supplications de tranquililité. Finalement, après quelques heures de marche et plusieurs demi-tour, nous en arrivons à la constatation évidente que personne ne nous indique la bonne direction.

 

 

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Spiritualité

Une fois arrivés au coeur de la ville, nous constatons de manière assez frappante que la spiritualité est omniprésente partout où l'on se promène. Il n'est pas rare, au détour des avenues poussiéreuses et bruyantes, de tomber sur des mini-autels, des statues de Shiva, des temples, des offrandes, etc...

Il faut savoir que l'hindouisme, une des plus vieilles religion du monde, est pratiquée par plus de 80 % de la population indienne (soit 827 millions de fidèles !).

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L'Hindouisme bien que majoritaire n'est pas la seule relgion pratiquée par les indiens, et on observe également de nombreux temples sikhs. Le Sikhisme, avec 1.9% d'adeptes, se base sur quelques principes hindouistes, mais il n'y a pas de distinction de castes, et ils croient en un dieu unique, s'opposant à l'idôlatrie. On reconnait les fidèles sikhs par les turbans qui entourent leurs têtes.

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Rickshaws

Notez qu'il y a différents types de rickshaws : ceux à moteur, et les autres à vélo, qui vous trainent à la force de leurs petits jambes maigrichonnes mais incroyablement endurantes - à faire palir un triathlète aguerri. Entre deux courses, on peut parfois voir ces courageux cyclistes de rue faire une petite sieste dans leur propre cariole.

Entre chaque visite touristiques dans des lieux calmes et propres réservés aux touristes de notre accabi, il faut se plonger à nouveau dans la tumulte. A chaque sortie d'un site touristique, les rickshaws sont là par centaines pour espérer racoler un max de touristes paresseux qui ne veulent pas trop se mélanger à la populace. Ok, j'avoue en avoir parfois fait partie... Bien que nous tentons de nous déplacer majoritairement à pied, nous réalisons que nous sommes bien souvent les seuls "blancs" à arpenter les rues, et cela non sans causer un certain harcelement de la part des conducteurs de rickshaws qui insistent avec un certain acharnement à nous faire monter dans leur véhicule.

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Chaque trajet semble nous conduire à la catastrophe, tous les véhicules sur la route, sans exception, conduisent absoluement n'importe comment, et les piétons doivent avoir le courage de s'imposer pour traverser, risquant mille fois de se faire écraser. La plupart des intersections ne comportent aucune signalisation et les voitures, scooters, vélos, rickshaws et calèches bovines se cotoyent sauvagement dans un chaos bien orchestré et sous un tonnerre assourdissant et permanent de klaxons.

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Au-delà des rickshaws, on retrouve également de nombreuses carioles transportant la plupart du temps une quantité démesurée d'individus ou de cargaison diverse. Etonnament, Delhi a beau etre la capitale du pays, il n'est pas rare de tomber nez-à-nez avec d'imposantes vaches faméliques qui trainent inlassablement leur remorque, chargées de plus ou moins d'individus, jouxtant dangereusement l'intense traffic routier des vieilles autos et rickshaws précédés par leur incessant concert de klaxons.

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L'Indian Gate

Les fameux rickshaws nous permettent de faire un peu de faire nos touristes. Notre première visite est l'Indian Gate. Non vous ne revez pas, ce monument aux morts est bien situé à Delhi malgré ses airs d'Arc de Triomphe. Il a été érigé pour commémorer les soldats indiens morts durant la Première Guerre Mondiale et depuis 1971, il y brûle l'Amar Jawan Jyoti, la flamme du soldat éternel.

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Humayun Tomb

Notre visite suivante nous menera jusqu'à la sépulture Humayun Tomb, abritant un merveilleux site inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco, avec un palais ocre de toute beauté qui, premier exemple de "tombe-jardin", aurait en 1570 inspiré la construction du Taj Mahal. Nous y suivons les longues allées géométriques ornées de palmiers, fontaines, arches, piliers, et tourelles.

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Karol Bagh Market

Après cette visite nous retournons à l'hotel, moites et déshydratés, afin de recharger les batteries. La chaleur et l'humidité sont telle, que nous ne ressentons toujours pas la moindre sensation de faim...

Nous ressortirons plus tard faire un tour au marché de Karol Bagh. Nous nous retrouvons une fois de plus parmi les seuls touristes entourés de locaux, majoritairement des hommes, plus ou moins enturbannés. Ce large marché grouille de stands colorés de sari bariolés, et de divers vêtements, objets, nourriture, etc...Nous restons sur nos gardes et ne gouterons pas aux fruits et salades à l'apparence pourtant délicieuse.

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New Delhi, jour 2

Le lendemain, la matinée sera marquée par notre quête d'une agence de voyage recommandée par notre Guide du Routard bien aimé. Nous sortons donc de l'hôtel, paranthèse de quiétude et de fraicheur, pour se replonger dans la moiteur collante du quartier poussiéreux et anarchique dans lequel nous sommes situés.

Nous décidons d'emprunter cette fois le métro, qui se trouve etre plus de 10 fois moins cher que les rickshaws à toursites. Nous sommes à nouveaux les seuls occidentaux du coin... Nous découvrons avec stupeur que les installations sont propres et hypra-modernes, et une joie sans limite s'empare de nous lorsque nous réalisons que les rames sont fréquentes ET climatisées ! De plus, les tickets de métro sont en fait des jetons recyclables qu'il faut rendre à la sortie. Ecolo, les indiens ? Sans aucun doute, ce métro n'a rien a envier à celui de Montréal... Certaines parties du trajet sont extérieures, ce qui nous permet de réaliser la grande proximité de vastes bidonvilles jouxtant les quartiers centraux plus "modernes" de la ville.

Nous ne sommes pas au bout de nos peines, et arrivés à destination nous galérons à trouver la moindre indication ou panneau. Les locaux interrogés laborieusement sur notre chemin nous font passer par des ruelles improbables jonchées de détritus nauséabonds en décomposition. Nous réussissons finalement à retrouver la fameuse agence, petit oasis inespéré de fraicheur et de propreté, ou de gentils guides maitrisant parfaitement le français et l'anglais nous organiseront nos prochains jours sur la route du Golden Triangle...

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Red Fort

Nous partons ensuite à la visite du Red Fort, une des attractions principales de New Delhi. Le quartier de Chandni Chowk qui nous y ammène est tout aussi anarchique que le reste mais propose des troittoirs, quoiqu'encombrés d'une animation dense et permanente entre pietons, commerçants, cyclistes, rickshwas etc...

L'imposant palais arborant un mur d'enceinte de 2,5 km de long et de plus de 30 mètres de haut est une forteresse moghole, inscrite sur la liste du patrimoine mondial s'il-vous-plait ! Elle représente également le symbole de l'indépendance de l'Inde et doit son nom au grès rouge utilisé pour sa construction.

Lors de notre visite, la façade extérieure semble etre en ravallement, et nous pouvons observer les courageux ouvriers s'aggriper avec assurance à l'échaffaudage artisanal, bricolé de bambous et de cordes.

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Une billeterie spéciale Foreigners nous est reservée afin de payer le prix fort, et d'encourager le tourisme local. Après une longue file d'attente séparant hommes et femmes (file Lady only, avec agents de sécurité exclusivement féminin) pour pénétrer à l'intérieur, je me retrouve à attendre avec quelques femmes indiennes, elles-aussi séparées de leur compagnon de visite masculin. On remarque tout de suite qu'une large proportion des toursites venant visiter le fort sont des indiens de bonne famille.

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Le site est magnifique mais hélas peu conservé. Le guide nous indique qu'à l'époque, toutes les batisses étaient tapissées de dorures et incrustées de perles. Nous ne nous lassons néanmoins pas des colonnes, arc et arabesques indiennes si caractéristiques.

Les touristes indiens en visite sont très chaleureux et il n'est pas rare de se faire demander à etre pris en photo à leur coté.

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Les regards

Si l'on veut s'attarder un peu sur l'attitude des locaux à notre égard, je dirais que les regards inquisiteurs et appuyés ne sont pas rares. Je ne me souviens pas d'avoir ressenti un seul moment d'insécuité, mais il faut dire qu'on ne passe clairement pas inaperçu avec de longs cheveux chatains frisés.

Dès les premières balades en ville, je me prête au jeux de discuter avec les nombreux commercants opportunistes qui captent le potentiel d'attrape-touriste des kilomètres à la ronde - non sans découvrir combien il est difficile de s'en séparer par la suite.

Nous faisons néanmoins de sympathiques rencontres, avec des indiens souvent ravis de se faire prendre en photo par notre appareil si high-tech (ci-dessous, on peut voir le George Clooney indien qui imite Jacky Chan).

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Saveurs indiennes

Soyons honnètes, se balader dans les rues de New Delhi, c'est souvent se retenir d'un haut-le-coeur lorsqu'on dépasse l'une des nombreuses décharges nauséabondes qui rythment les trottoirs, ou si l'on a la chance de passer derrière les déjections d'une gentille vache sacrée.

Pourtant, quand on pense à l'Inde et ses saveurs, il nous vient immédiatement un soupçon de curi à nos narines, nous faisant saliver. Et heureusement, parfois, le rêve rencontre la réalité et, oui, nous pouvons tomber sur un petit stand de fruits et légumes délicieux aux abords d'un temple sikh, ne plus savoir ou donner de la tete avec les innombrables épices à disposition, et s'entêter de l'odeur délicieuse des samossas délicatement frit, et honteusement épicés, qui nous feront rugir de plaisir...

 

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Le bordel

New Delhi, c'est quand meme un sacré bordel. Comme déjà mentionné plus haut, on tombe régulièrement sur d'hallucinantes décharges en plein quartiers plutôt assez clean ou touristique, des façades délabrées d'apaprtements inhabitables, des travaux poussiéreux le long des voies rapides où quelques femmes enveloppées de sarees magnifiques passent réthoriquement un petit balai de paille, le fouillis electrique inimaginable dans certaines ruelles pietonnes de la ville oùu l'on ne souhaiterait pas se retrouver un jour d'orage...

Et au détour de nos balades, à plusieurs reprise, des hommes à terre, secs et recroquevillés en position foetale, peut-être déjà loins tant ils sont entourés de mouches...

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Confrontation

Après seulement deux journées passées dans la capitale, nous sommes extrèmement fatigué par nos longues marches dans ce milieu parfois hostile en terme d'odeurs ecoeurantes d'excréments et de putréfaction et de bruits sourds de circulation, qui nous font utiliser toutes nos ressources intérieures pour lutter et avancer.

La misère et la pauvreté sont présentes partout, et c'est le coeur lourd que nous voyons de petites mendiantes malingres a moitié vétues nous suivre sur plusieurs mètres, la main à la bouche, le regard suppliant.

Fatigue, jetlag, bruit, chaleur, et surtout profonde perplexité face à cette misère toute nue, le coeur qui se serre dans la poitrine, la gorge sèche, une boule qui remonte, des larmes qui viennent aux yeux, et me voila emportée toute entière dans le tourbillon de cette lourde agitation ambiante intarissable.

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Mais qu'avais-je cru ?

Ce voyage n'était pas qu'une excuse pour la visite de quelques jolis palais. Impossible de passer à coté de la rude réalité d'une population pauvrissime et d'une mendicité oppressante.

Je me sens soudain stupide, insensée et décalée, moi qui me balade les yeux plein d'envie avec mon appareil photo, mes hésitations entre le poulet et les lentilles, et les remarques sur la propreté des draps d'hôtel.

A ce moment précis, j'aurais TOUT donné pour les "sauver", les nourrir, les prendre dans mes bras, les sortir de la rue, la adopter, les cajoler...Et à la fois, ce feeling étrange de se sentir attaqué, persecuté, bien loin de sa zone de confort.

Sensation sourde et lancinante d'impuissance, et la douloureuse acceptation qui en résulte : nous ne sommes pas les sauveurs, et nous ne changerons RIEN.

Et les oeillères, que j'utilisais honteusement par la suite, pour ne pas trop se mouiller, pour ne pas trop se demander si ce lépreux sur le troittoir respire encore, si cette fillette de 10 ans aura de quoi manger ce soir, si cette femme trainant un nourrisson dans ses bras sera battue si elle ne ramène pas suffisament d'argent à la fin de sa journée...

 

à suivre...

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Written by KLR

Published on #IncredibleIndia

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